La manière dont les Coréens se souviennent de l’Histoire — 1er mars
Dans les années 1910, la Corée vivait sous domination coloniale japonaise.
Dans les rues, la langue changeait de force et les Coréens devaient porter un prénom japonais.
Le coréen disparaissait de l’école, de l’administration, de l’espace public.
La presse était contrôlée, les rassemblements interdits et toute contestation impliquait arrestation et violence.
Le 1er mars 1919, quelque chose se fissure.
Des étudiants, des commerçants, des femmes et même des enfants sortent dans la rue pour réclamer l’indépendance.
C’est un mouvement populaire, non violent, dirigé contre une puissance coloniale. Le mouvement se propage rapidement dans tout le pays.
Malheureusement beaucoup de ces manifestants sont arrêtés et certains y laissent leur vie.
Dans les années qui suivent, l’exploitation coloniale se poursuit, parfois de manière encore plus sévère. Mais le Mouvement du 1er Mars marque un tournant :
Pour la première fois, la voix des Coréens est relayée par la presse étrangère et entendue par la communauté internationale.

[Planche de bois qui a servi à imprimer des drapeaux coréen pour le mouvement d’indépendance.]
Ce qui est resté après ce jour-là
Quand on pense au 1er mars, une image revient presque toujours.
Lors des manifestations, le cri de ralliement qui résonnait dans toute la Corée était :
« Daehan Dongnip Manse ! » (대한독립 만세 !)
Qui signifie :
- Daehan (대한) : Le nom de la Corée à l’époque (Empire de Corée).
- Dongnip (독립) : Indépendance.
- Manse (만세) : Un cri de célébration qui signifie littéralement dix mille ans (équivalent à « Vive… ! »).
La traduction la plus courante est donc : « Vive l’indépendance de la Corée ! ».

[Photo de 1er mars à Jongno 종로, namuwiki]
Pour explorer et ressentir ces mémoires, je peux vous conseiller un lieu à Séoul où elles sont encore inscrites. Par contre je vous préviens, l’expérience est poignante…
La prison de Seodaemun 서대문 – Un espace où la mémoire demeure
À la prison de Seodaemun 서대문 형무소, les bâtiments de briques sont toujours là.
La lumière traverse les petites fenêtres des cellules.
À l’extérieur, des promeneurs passent, sans se presser.



Le lieu est paisible aujourd’hui. Et pourtant, à l’intérieur, on y trouve encore les cellules, les salles de torture et d’exécution.






C’est ici qu’ont été emprisonnés des citoyens ordinaires : étudiants, marchands, femmes et enfants. Leur seul “crime” ? Avoir été présents ce jour-là, debout, pour réclamer leur dignité.

[48 visages parmi les millions de civils ayant participé aux manifestations, hankyoreh News]
Bien qu’ils n’aient pas la renommée de Yu Gwan-sun, cette lycéenne devenue le visage de la résistance, tous étaient des héros au courage exceptionnel.
Même si le mouvement n’a pas immédiatement obtenu l’indépendance, il a réussi quelque chose de plus grand : il a redonné espoir au peuple coréen en lui rendant son identité et sa dignité. C’est pour ça qu’aujourd’hui, même un siècle après, le 1er mars n’est pas seulement une date parmi celles qu’on apprend dans les livres d’histoire. C’est le rappel que la Corée souveraine s’est construite sur cette fissure, transformant un cri de douleur en une volonté d’exister aux yeux du monde.
Si vous désirez ressentir cette histoire de vos propres yeux et bénéficier d’un accompagnement, je serais ravi de vous y emmener en tant que guide. Vous pouvez réserver un tour personnalisé avec moi en remplissant ce questionnaire :
Si vous souhaitez approfondir votre connaissance de l’histoire de la Corée, vous pouvez aussi vous procurer mon livre “The Korean Dream”, où j’aborde de nombreuses thématiques sur la culture coréenne.





